L'enseignement de l'Histoire passe des salles de classes à vos écrans

L'enseignement de l'Histoire passe des salles de classes à vos écrans

Ce n'était qu'une question de temps avant que les passionnés d'histoire n’adoptent le format vidéo pour partager leurs connaissances sur la toile, et ces dernières années, les initiatives se sont multipliées. Lors de la convention de vidéastes Neocast qui a eu lieu à Strasbourg les 23 et 24 avril derniers, nous avons eu l'occasion de discuter avec Baptist qui est l'un d'entre eux.

Parlons Y-Stoire avec Baptist, professeur d'Histoire-Géographie à Strasbourg

Voilà presque deux années maintenant que Baptist, 30 ans, lançait sa chaîne "Parlons Y-Stoire". Il est un des pionniers dans cet univers sur YouTube malgré la multiplication des concepts relatifs ces derniers mois. Deux formats de vidéos sont actuellement proposées sur sa chaîne, les classiques décortiquant des événements historiques en une dizaine de minutes, et une seconde émission, les "Le saviez-vous de PY", un format plus court racontant à chaque fois une anecdote méconnue.

Parmi ses derniers épisodes, on retrouve par exemple une collaboration avec le musée du Quai Branly qui nous conseille sur comment "Être un bon chamane" ou encore un LSV de PY dédié à l'occupation de l'Autriche.

Ce sont maintenant plus de 27 000 abonnés qui suivent ses vidéos dont le cumul des vues vient de passer le million.

Vidéos de la chaîne Parlons Y-stoire

La passion de l'Histoire, mais aussi de l'informatique

Si la plupart des contenus éducatifs sur Internet ne sont pas produits par des membres du corps enseignant, il est surement encore plus rare de tomber sur un prof qui de manière totalement autodidacte va se former à la production et la diffusion de vidéo sur YouTube.

Baptist nous a confié que s'il n'avait pas eu l'occasion de devenir professeur, il aurait sans doute travaillé dans l'informatique. Et il faut avoir la passion des technologies pour s'atteler à la production, au tournage et au montage de vidéos quand on part de zéro. Si être prof d'Histoire peut clairement être un avantage quand il s'agit de dénicher et écrire les sujets, il n'en reste pas moins que ce sont des dizaines d'heures de travail technique en coulisses pour amener le contenu aux internautes.

Et même si Baptist n'aime plus trop regarder ses anciennes vidéos, elles restent un très bon témoignage de l'évolution de la chaîne.

Une approche différente de l'enseignement

On pourrait se demander si enseigner dans une classe à quelque chose en commun avec la diffusion de vidéos sur Internet, et pour le cas de Parlons Y-Stoire, la réponse peut sans doute se résumer à pas grand chose.

Hormis le fait de partager sa passion de l'Histoire, l'approche de Baptist et sa relation avec le public restent très différents. Il ne parle plus à une classe d'une trentaine d'ados obligés de l'écouter, mais à un public qui suit son travail par choix. Son audience est également un poil plus agée en moyenne, la tranche d'âge la plus représentée sur sa chaîne étant les 25-40 ans.

Il faut dire aussi que parler face à une caméra est un peu moins interactif que de s'adresser à une classe. Certes les commentaires sous chaque vidéo permettent le débat, mais Baptist regrette un peu le manque d'échange en direct. Qui sait, peut être retrouverons-nous bientôt des lives programmés sur la chaîne Parlons Y-Stoire ? En attendant, il tente déjà de nouvelles expériences comme le lancement récent de sa chaîne gaming, une manière sans doute de se détendre tout en continuant de produire du contenu.

 

Retrouvez également l'interview en vidéo :

Merci à Desmu pour la relecture